
Une crise de migraine peut clouer au lit en quelques minutes, empêcher toute concentration, rendre impossible la conduite ou l’utilisation d’un écran. Pourtant, lorsque vous devez justifier une absence ou demander un aménagement de poste, tout se joue souvent sur un document de quelques lignes : le certificat médical. Entre Code de la santé publique, Code du travail et exigences de l’employeur, le certificat médical pour migraine obéit à des règles précises, parfois mal connues, qui conditionnent vos droits au travail, à l’école ou dans la fonction publique. Comprendre ces règles permet d’éviter les malentendus avec l’entreprise, de sécuriser le médecin qui vous suit et de mieux défendre la réalité d’une maladie encore trop souvent banalisée.
Cadre légal du certificat médical pour migraine en france : code de la santé publique, code du travail et référentiels HAS
Obligations du médecin traitant et limites déontologiques du certificat médical pour migraine (code de déontologie, CNOM)
Le certificat médical pour migraine s’inscrit dans le cadre général fixé par le Code de la santé publique et le Code de déontologie médicale. Le médecin ne peut délivrer un certificat que s’il a examiné la personne, réalisé un constat clinique et estimé, en conscience, la réalité de l’incapacité fonctionnelle liée à la crise ou à la migraine chronique. Les articles relatifs à la rédaction des certificats imposent une formulation sincère, mesurée, rédigée avec prudence. Un certificat médical de complaisance, par exemple pour justifier une absence alors qu’aucune migraine n’a été constatée, expose le praticien à des sanctions disciplinaires par le conseil de l’Ordre et à des poursuites pénales.
La déontologie encadre aussi ce que le médecin peut écrire. Il doit rester dans son champ de compétence, éviter les jugements de valeur sur l’attitude de l’employeur ou de l’établissement scolaire et se limiter à la description médicale : symptômes, constat d’incapacité, durée prévisible. L’objectif est clair : protéger à la fois le patient migraineux, dont la souffrance doit être reconnue, et le médecin, tenu de ne certifier que ce qu’il observe ou ce qui ressort de son dossier médical. En pratique, si vous sollicitez un certificat plusieurs jours après une crise, le praticien peut refuser ou limiter son attestation à des éléments généraux sur une migraine connue, sans pouvoir « certifier » l’épisode précis d’absence.
Distinction entre arrêt de travail pour migraine et simple certificat médical de constatation
Une confusion fréquente oppose arrêt de travail et simple certificat médical. L’arrêt de travail est un document réglementé, destiné à l’Assurance maladie et à l’employeur, qui ouvre droit, sous conditions, aux indemnités journalières. Il suppose une incapacité temporaire totale à exercer votre activité professionnelle. En cas de crise de migraine sévère, avec vomissements, photophobie ou aura visuelle, l’arrêt de travail s’impose souvent, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité (conduite, travail en hauteur, poste de surveillance).
Le certificat médical de constatation, lui, peut servir à justifier une absence de quelques heures, une impossibilité ponctuelle d’assister à un examen, un cours, une compétition sportive, ou à documenter une migraine chronique dans le cadre d’une demande de RQTH ou de MDPH. Il ne déclenche pas systématiquement un arrêt indemnisé. La frontière entre les deux se joue sur la durée de l’incapacité et sur la finalité du document. Un salarié ayant quitté son poste trois heures pour une crise de migraine peut se voir demander un certificat médical d’absence ; le médecin atteste alors de la réalité d’un épisode migraineux ayant entraîné l’impossibilité de travailler durant ce laps de temps, sans forcément établir un arrêt pluri-jour.
Textes de référence : recommandations HAS sur la prise en charge de la migraine et certificats médicaux
La Haute Autorité de santé (HAS) publie des recommandations sur la prise en charge de la migraine (diagnostic, traitements de crise, traitements de fond, agenda migraineux, indicateurs comme HIT‑6). Même si ces textes ne détaillent pas mot à mot la rédaction du certificat médical pour migraine, ils servent de socle pour apprécier la sévérité, la chronicité et le retentissement fonctionnel, éléments essentiels à toute attestation sérieuse. Les dernières recommandations insistent notamment sur la nécessité de dépister la migraine au moins une fois par an chez la femme, sur les risques de chronicisation en cas d’abus médicamenteux et sur la contre-indication des oestroprogestatifs en cas de migraine avec aura.
Pour un médecin, s’adosser à ces référentiels HAS permet de justifier objectivement une incapacité de travail, un besoin d’aménagement de poste ou une demande de reconnaissance en maladie invalidante. Pour vous, connaître ces repères (nombre de jours migraines par mois, score HIT‑6, échec de plusieurs traitements de fond) aide à argumenter lors des échanges avec l’employeur ou la médecine du travail, en montrant que la migraine n’est pas un « simple mal de tête » mais une pathologie neurologique codifiée.
Responsabilité pénale et civile du médecin en cas de faux certificat pour crise de migraine
Le faux certificat médical pour migraine, comme pour toute autre pathologie, constitue un délit. Le Code pénal prévoit des peines pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende pour un médecin qui atteste faussement de faits médicaux. Sur le plan civil, un employeur qui subirait un préjudice avéré du fait d’absences injustifiées sur la base de certificats mensongers pourrait engager la responsabilité du praticien. Le Conseil national de l’Ordre des médecins rappelle régulièrement cette interdiction de délivrer des certificats de pure complaisance, même pour « rendre service » à un patient fréquent.
Cette responsabilité explique la prudence de nombreux médecins face aux demandes de certificats rétroactifs pour migraine, a fortiori lorsque aucun suivi régulier n’est documenté. De votre côté, il reste donc essentiel d’être transparent sur la réalité des crises, de tenir un agenda des migraines, de consulter en temps utile. Plus le suivi est structuré, plus le praticien peut sécuriser juridiquement ses certificats, notamment lorsqu’il s’agit d’appuyer un dossier d’invalidité, une demande de RQTH migraine ou un contentieux prud’homal relatif à des absences récurrentes.
Critères médicaux justifiant la délivrance d’un certificat pour migraine : diagnostic, sévérité et retentissement fonctionnel
Diagnostic positif de migraine selon la classification ICHD-3 (international classification of headache disorders)
Avant de rédiger un certificat médical pour migraine, le médecin doit s’assurer qu’il s’agit bien d’une migraine au sens neurologique et non d’un autre type de céphalée. La classification internationale ICHD‑3 définit la migraine sans aura par au moins cinq crises durant de 4 à 72 heures, un caractère souvent unilatéral, pulsatile, d’intensité modérée à sévère, aggravée par l’effort, avec nausées ou photophobie/phonophobie. La migraine avec aura ajoute des symptômes neurologiques transitoires, le plus souvent visuels (scotome scintillant, zigzags lumineux) précédant ou accompagnant la douleur.
Ce cadre diagnostique est loin d’être théorique. Il permet au praticien de documenter dans le certificat que la personne répond aux critères ICHD‑3, ce qui renforce le poids du document auprès d’un employeur, d’un organisme social ou d’un assureur. Une mention du type « céphalées récurrentes » n’a pas le même impact qu’un diagnostic précis de « migraine avec aura selon les critères ICHD‑3 », surtout lorsque des demandes de pension d’invalidité ou de reconnaissance MDPH migraine sont en jeu.
Évaluation de la sévérité : échelle MIDAS, HIT-6 et fréquence des crises (migraine épisodique vs migraine chronique)
Pour décider de délivrer un certificat médical, le médecin s’appuie également sur la sévérité de la maladie migraineuse. Deux outils sont particulièrement utilisés : le score MIDAS, qui mesure le nombre de jours d’incapacité sur trois mois (travail, études, ménage, loisirs), et le questionnaire HIT‑6, centré sur l’impact des céphalées sur la qualité de vie. Un score HIT‑6 supérieur ou égal à 60 correspond généralement à une migraine sévère, souvent incompatible avec une activité professionnelle normale lors des crises.
La fréquence des crises est un autre critère clé. En dessous de 15 jours de céphalées par mois, la migraine est dite épisodique ; au-delà, on parle de migraine chronique. Les données récentes montrent qu’en France, environ 21 % des adultes remplissent les critères de migraine, et qu’une proportion non négligeable bascule vers la chronicité en lien avec l’abus de médicaments de crise. Pour un certificat, mentionner que la personne présente une migraine chronique, avec par exemple 20 jours de céphalées par mois, et un score HIT‑6 élevé, permet d’objectiver un retentissement majeur, notamment pour des demandes d’arrêt de travail répétés ou d’aménagement durable.
Signes d’alerte et diagnostics différentiels : céphalées secondaires, aura atypique, AVC et méningite
Le certificat médical pour migraine ne doit jamais masquer un diagnostic de gravité. Certains signes imposent une imagerie cérébrale en urgence et excluent la simple attestation de migraine : céphalée brutale « en coup de tonnerre » s’installant en moins d’une minute, fièvre inexpliquée avec raideur de nuque, troubles neurologiques aigus (paralysie, trouble du langage brutal), contexte d’immunodépression ou d’intoxication au monoxyde de carbone. Dans ces situations, le médecin oriente vers les urgences plutôt que de délivrer un certificat de confort.
De même, une aura atypique (durée prolongée au-delà d’une heure, latéralité fixe, symptômes isolés sans céphalée) doit faire discuter un diagnostic d’accident ischémique transitoire (AIT) plutôt que de migraine. Un certificat rédigé trop vite, sans évaluation de ces signes d’alerte, exposerait à un retard de prise en charge d’un AVC ou d’une méningite. Pour vous, cela signifie qu’en cas de céphalée inhabituelle, de symptômes étranges ou de migraine différente de d’habitude, l’objectif n’est plus le justificatif d’absence, mais la sécurité médicale avant tout.
Retentissement sur les capacités professionnelles : troubles visuels, photophobie, phonophobie, nausées et vomissements
La justification médicale d’un certificat pour migraine repose enfin sur le retentissement fonctionnel. Une crise migraineuse typique associe douleur pulsatile, hypersensibilité à la lumière, au bruit, parfois aux odeurs (osmophobie), nausées et vomissements. Comment travailler correctement sur écran en open space, prendre la parole en réunion ou conduire un bus dans ces conditions ? L’Organisation mondiale de la santé classe la migraine parmi les maladies les plus invalidantes chez l’adulte jeune.
Dans le certificat, le médecin peut donc décrire, de façon neutre, que « l’état de santé du patient, atteint de migraine, entraîne lors des crises une incapacité à effectuer ses tâches professionnelles, en raison de troubles visuels, photophobie, phonophobie et vomissements ». Ce type de formulation est particulièrement utile pour des professions à risque (conducteurs, personnels de sécurité) où la moindre baisse de vigilance peut avoir des conséquences graves. Il permet aussi, sur le plan juridique, de relier formellement les symptômes à l’impossibilité de tenir le poste pendant la période mentionnée.
Contenu obligatoire et formulation d’un certificat médical pour migraine conforme aux exigences légales
Mentions indispensables : identité du patient, du médecin, date, durée prévisible de l’incapacité liée à la migraine
Un certificat médical pour migraine doit respecter une structure minimale pour être valable. Figurent obligatoirement : l’identité du patient (nom, prénom, date de naissance), l’identité du médecin (nom, qualification, adresse, numéro RPPS), la date et le lieu de rédaction, la signature et le cachet. Le texte doit comporter la date ou la période de l’épisode migraineux, ainsi que la durée prévisible de l’incapacité de travail ou de scolarité. En pratique, le médecin indique par exemple : « justifie d’une incapacité de travail du 12/06/2025 à 8h00 au 13/06/2025 inclus ».
Pour un certificat d’absence de quelques heures, il peut préciser : « a présenté ce jour une crise de céphalée de type migraineux l’ayant empêché d’assurer son activité professionnelle de 16h à 19h ». Cette précision temporelle est utile lorsque le règlement intérieur prévoit une justification dès la première heure d’absence. Le document ne doit pas faire apparaître des informations superflues, comme l’historique complet des traitements, qui relèvent du dossier médical et non du certificat destiné à un tiers.
Formulation neutre et objective des symptômes migraineux : description clinique sans jugement de valeur
La rédaction du certificat médical de migraine doit rester factuelle. Le médecin décrit ce qu’il constate ou ce qui ressort de documents fiables, en évitant les termes polémiques. Une formulation de type « se plaint de migraines » est plus neutre que « se dit victime de migraines provoquées par son employeur ». De même, l’objectivation par des scores validés (HIT‑6, MIDAS) ou par la mention d’un suivi spécialisé (neurologue, centre anti‑douleur) renforce la crédibilité du document sans entrer dans le débat sur l’origine professionnelle ou non des crises.
Pour vous, demander un certificat en expliquant clairement les symptômes, leur fréquence et leur impact facilite la tâche du praticien. Plus la description clinique est précise, plus le certificat peut refléter la réalité de votre handicap migraineux. À l’inverse, une demande vague ou exagérée risque d’installer un climat de méfiance. La relation médecin‑patient repose sur une confiance partagée, particulièrement importante pour une maladie invisible comme la migraine.
Confidentialité et secret médical : ce qu’il est interdit de préciser sur la nature exacte de la migraine pour l’employeur
Le secret médical s’impose dans tous les certificats, y compris pour les migraines. Sauf demande expresse et écrite de votre part, le médecin n’a pas à mentionner le diagnostic détaillé, ni la nature exacte de la pathologie. Un certificat destiné à l’employeur se limite en principe à indiquer une « incapacité de travail pour raisons médicales » sans dévoiler que vous souffrez de migraine avec aura, de dépression associée ou de céphalées chroniques réfractaires.
Dans certains cas, vous pouvez souhaiter que la mention de migraine apparaisse, par exemple pour appuyer une demande d’aménagement de poste ou une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Le médecin peut alors préciser le diagnostic, mais il reste libre de juger de la pertinence des détails cliniques. Le secret médical protège aussi contre les pressions d’un tiers (employeur, école, assureur) cherchant à obtenir plus d’informations que nécessaire. Si vous avez besoin d’un document plus détaillé, il est possible de demander un compte rendu médical séparé, remis en main propre, que vous choisirez ou non de communiquer.
Différence de rédaction entre certificat pour l’école, l’université, le sport et certificat pour l’employeur
Le contenu d’un certificat de migraine varie selon le destinataire. Pour un établissement scolaire ou universitaire, le praticien atteste généralement de l’impossibilité de suivre les cours, de se présenter à un examen ou de participer à une activité sportive, sans nécessairement détailler le diagnostic. Pour une fédération sportive, il peut être amené à juger de l’aptitude ou de l’inaptitude à une compétition, notamment en cas de migraine avec troubles visuels susceptibles d’entraîner une mise en danger.
Pour un employeur, la formulation se concentre sur l’incapacité de travail, sa durée et, éventuellement, la nécessité d’aménagements (télétravail, poste éloigné des sources de bruit, limitation de l’exposition à la lumière trop intense). Un même patient migraineux peut donc disposer de plusieurs certificats, adaptés à chaque interlocuteur, tout en reposant sur la même réalité clinique. Cette différenciation rédactionnelle répond aux attentes spécifiques de chaque cadre juridique : règlement intérieur, règles universitaires, code du sport ou code du travail.
Certificat médical pour migraine et arrêt de travail : conditions spécifiques pour salariés du privé et agents de la fonction publique
Pour un salarié du secteur privé, l’arrêt de travail pour migraine obéit aux règles générales de l’Assurance maladie : obligation de consulter un médecin, d’envoyer les volets destinés à la CPAM et à l’employeur dans un délai de deux jours, et application éventuelle d’un délai de carence (trois jours non indemnisés en cas de maladie ordinaire). La fréquence des arrêts pour migraine peut interroger l’employeur, d’où l’intérêt d’un suivi structuré, d’un traitement de fond adapté et, le cas échéant, d’une reconnaissance RQTH pour sécuriser la situation professionnelle.
Pour les agents de la fonction publique, le cadre diffère légèrement selon que l’on relève de la fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière. Le jour de carence est généralement limité à un jour pour maladie ordinaire, et la gestion des arrêts de travail pour migraine implique souvent la médecine de prévention ou le médecin agréé. Dans certains cas de migraine chronique sévère, avec incapacité durable, des congés de longue maladie ou de longue durée peuvent être envisagés, après avis d’un comité médical. Le certificat médical initial, la description précise des crises, la documentation du handicap migraineux jouent alors un rôle central dans la décision administrative.
Certificat médical de migraine et aménagements au travail : télétravail, poste adapté, exposition aux écrans et lumière
Le certificat médical pour migraine ne sert pas uniquement à justifier des absences. Il peut aussi être l’outil clé pour obtenir des aménagements de poste raisonnables, dans le cadre de l’obligation de l’employeur de préserver la santé des salariés. Un médecin du travail, à partir des certificats de votre médecin traitant ou du neurologue, peut recommander un télétravail partiel, une réduction de l’exposition aux écrans, l’installation de filtres anti‑lumière bleue, une lampe à intensité réglable, ou le déplacement du bureau dans un espace plus calme.
Concrètement, un certificat peut mentionner que « l’état de santé du patient, atteint de migraine chronique, nécessite d’éviter une exposition prolongée à des écrans lumineux sans possibilité de pause, de limiter le travail de nuit et de prévoir un accès à un espace de repos en cas de crise ». Ce type de formulation, sans imposer à l’employeur un aménagement précis, donne un cadre médical à la négociation. Pour vous, c’est aussi une façon d’éviter le dilemme entre présentéisme douloureux et absentéisme répété, en rendant votre poste plus compatible avec la maladie.
Dans certaines situations, notamment lorsque la migraine est reconnue comme un handicap par la MDPH, l’entreprise peut bénéficier d’aides financières pour financer ces aménagements (éclairage adapté, poste de travail ergonomique, casque antibruit). Plus le certificat médical documente le lien entre facteurs déclenchants professionnels (bruit, lumière, horaires décalés) et crises de migraine, plus la demande d’adaptation a de chances d’aboutir. À l’inverse, l’absence de trace écrite rend plus difficile toute revendication ultérieure en cas de conflit ou de licenciement lié à l’absentéisme pour migraine.
Cas particuliers : certificat médical pour migraine chez l’enfant, la femme enceinte et les professions à risque (conducteurs, pilotes, personnels de sécurité)
Chez l’enfant et l’adolescent, la migraine se manifeste souvent par des céphalées bilatérales, parfois associées à des vomissements et à un besoin impérieux de s’allonger dans le noir. Un certificat médical peut être demandé par l’école pour justifier des absences répétées, des retards, voire la non‑participation à certaines activités sportives. Dans ce contexte, la rédaction doit concilier la protection de l’enfant (accès au repos, adaptation des horaires, temps calme en salle de classe) et la lutte contre l’absentéisme abusif. L’utilisation d’un agenda migraineux et le recours à un neuropédiatre renforcent la crédibilité des certificats, notamment en cas de demandes d’aménagements scolaires plus lourds (tiers temps aux examens, PAI ou PAP pour migraine).
Chez la femme enceinte migraineuse, la question du certificat médical se pose souvent dans un contexte de prudence thérapeutique. Certains traitements de fond sont contre-indiqués (valproate, topiramate dans certains cas, AINS au-delà du 5e mois), et la grossesse peut modifier le profil des crises. Un certificat peut alors servir à justifier des aménagements horaires, un télétravail accru ou des arrêts ponctuels lorsque les crises sont très invalidantes. Le médecin veille à préciser, si besoin, que les migraines ne mettent pas en danger le déroulement de la grossesse, tout en attestant de l’incapacité fonctionnelle pendant les épisodes aigus. Cela évite que l’employeur attribue systématiquement les absences à la grossesse elle‑même, ce qui pourrait peser sur la carrière.
Pour les professions à risque (conducteurs de transport en commun, pilotes, personnels de sécurité, métiers de la petite enfance ou de la santé de nuit), le certificat médical pour migraine revêt une dimension de sécurité publique. Une crise avec aura visuelle, vertiges ou étourdissements est incompatible avec la conduite d’un train, la surveillance d’un site sensible ou l’encadrement de jeunes enfants. Le médecin peut alors recommander une inaptitude temporaire à certaines tâches, voire une réorientation de poste en cas de migraine chronique sévère. Dans ces situations, le certificat ne sert pas seulement à protéger vos droits, il protège aussi les tiers, en signalant que certaines conditions de travail sont dangereuses pour vous comme pour autrui en présence de crises migraineuses fréquentes et imprévisibles.