Un chewing-gum qui « passe de travers » provoque immédiatement de l’angoisse : peur de s’étouffer, de garder un corps étranger collé dans la gorge ou même de bloquer l’estomac. Dans la majorité des cas, avaler un chewing-gum reste bénin, mais un blocage réel dans les voies aériennes supérieures peut engager le pronostic vital en quelques minutes. Savoir reconnaître les bons signes, adopter les bons réflexes de premiers secours et consulter au bon moment change littéralement l’issue de la situation. Que vous soyez parent, enseignant, soignant ou simplement consommateur régulier, disposer de repères clairs permet de réagir avec sang-froid devant un chewing-gum coincé dans la gorge.
Signes d’alerte d’un chewing-gum coincé dans la gorge : symptômes bénins et situations d’urgence vitale
Toux réflexe, gêne pharyngée et sensation de corps étranger : reconnaître les signes non obstructifs
Un petit morceau de chewing-gum coincé dans l’oropharynx ou qui descend dans l’œsophage provoque très souvent une sensation de corps étranger, comme un « truc qui gratte » ou qui accroche quand vous avalez. Vous pouvez respirer, parler, avaler de l’eau ou de la salive, même si la gêne reste agaçante. Dans ce cas, il s’agit généralement d’une fausse route mineure ou d’un contact irritatif transitoire.
La toux réflexe, parfois violente, témoigne plutôt d’une protection efficace des voies respiratoires. Tant que vous arrivez à tousser, à inspirer entre les quintes, et que la voix reste audible, l’obstruction n’est pas complète. Cette gêne peut persister plusieurs heures, le temps que la muqueuse irritée se calme, comme après une petite arête de poisson qui a « frotté » la gorge en passant.
La surveillance repose sur le bon sens : si la respiration reste normale, que vous buvez et mangez, l’évolution est le plus souvent favorable. La sensation peut être entretenue par le stress, ce que les ORL décrivent parfois comme un globus pharyngé, impression d’avoir quelque chose coincé alors que les examens sont normaux.
Dyspnée, stridor, cyanose : repérer les symptômes d’obstruction aiguë des voies aériennes supérieures
À l’inverse, un chewing-gum qui obstrue réellement le larynx ou la trachée constitue une urgence vitale absolue. Trois signes doivent vous alerter immédiatement :
- une dyspnée brutale : difficulté majeure à inspirer, respiration bruyante, panique visible ;
- un bruit aigu à l’inspiration, le
stridor, typique de l’obstruction des voies aériennes supérieures ; - l’impossibilité de parler ou de tousser, avec apparition d’une cyanose (coloration bleutée des lèvres, du visage).
Dans ce tableau de fausse route obstructive, chaque seconde compte. L’arrêt respiratoire puis l’arrêt cardiaque surviennent en moyenne en moins de 3 à 5 minutes en l’absence de désobstruction. Ces situations restent rares, mais elles expliquent pourquoi les campagnes de sensibilisation aux gestes qui sauvent insistent autant sur la prise en charge de l’étouffement par corps étranger.
Différencier fausse route digestive et inhalation trachéale chez l’adulte et l’enfant
La difficulté, pour vous comme pour les soignants, est parfois de distinguer un chewing-gum qui est allé dans l’œsophage d’un chewing-gum inhalé dans la trachée ou un bronche. Quelques repères simples aident au tri :
Si le chewing-gum a pris la voie digestive, la respiration reste possible, même si la déglutition peut être douloureuse. L’aliment continue sa route vers l’estomac, avec risque de gêne rétro-sternale ou de blocage œsophagien. En cas d’aspiration trachéale, la gêne respiratoire est au premier plan : toux explosive, sifflements, sensation d’oppression thoracique.
Chez l’enfant, l’observation est déterminante : un petit qui s’arrête de jouer, porte brutalement les mains à son cou, ne parvient plus à émettre un son, est très probablement en train de s’étouffer. À l’inverse, un enfant qui respire, pleure, crie ou tousse fait plutôt une fausse route partielle, souvent auto-résolutive, mais qui impose tout de même une vigilance rapprochée.
Évaluation rapide avec l’échelle de glasgow, fréquence respiratoire et saturation en oxygène (SpO2)
En situation d’urgence, les équipes du SAMU et des urgences utilisent des paramètres simples pour évaluer la gravité : niveau de conscience, fréquence respiratoire, saturation en oxygène. L’échelle de Glasgow (GCS) permet de quantifier l’altération de la vigilance : un score à 15/15 correspond à une personne parfaitement consciente ; en dessous de 8, l’intubation est souvent envisagée.
Une fréquence respiratoire au-delà de 25 cycles/min chez l’adulte, associée à une SpO2 inférieure à 92 % à l’air ambiant, oriente vers une détresse respiratoire. Dans un contexte de chewing-gum coincé dans la gorge, ces chiffres guident la décision d’intubation en urgence ou de bronchoscopie immédiate. Pour vous, au domicile, le repère principal reste l’aspect clinique : capacité à parler, à respirer, à tousser. En cas de doute sérieux, l’appel au SAMU (15) reste le réflexe prioritaire.
Gestes de premiers secours en cas de chewing-gum coincé : protocoles PSC1 et recommandations Croix-Rouge
Manœuvre de heimlich (compression abdominale) chez l’adulte conscient : technique, positionnement et erreurs fréquentes
Quand un chewing-gum bloque totalement la respiration, la manœuvre de Heimlich, ou compression abdominale, reste le geste de référence chez l’adulte conscient. L’objectif est de créer une surpression brutale dans les poumons pour expulser le corps étranger. La technique se déroule en plusieurs étapes bien codifiées.
- Placer la victime debout ou légèrement penchée en avant, et se positionner derrière elle.
- Passer les bras autour de sa taille, une main fermée en poing placée entre le nombril et le bas du sternum, l’autre main venant recouvrir le poing.
- Exercer des poussées sèches, énergiques, vers l’intérieur et vers le haut, comme pour « soulever » la personne.
Les erreurs les plus fréquentes concernent un mauvais positionnement (trop haut sur le thorax, avec risque de fracture de côtes) ou des compressions trop molles. Les référentiels PSC1 recommandent d’alterner 5 claques dorsales et 5 compressions abdominales tant que la personne est consciente et que l’obstruction persiste.
Adaptation de la manœuvre de désobstruction chez le nourrisson et l’enfant selon les référentiels ANSM
Chez le nourrisson de moins de 1 an, la manœuvre de Heimlich est contre-indiquée. Le thorax est trop fragile, et l’abdomen trop petit. Les référentiels nationaux préconisent plutôt :
- 5 tapes vigoureuses entre les omoplates, bébé à plat ventre sur l’avant-bras, tête plus basse que le tronc ;
- puis, en cas d’inefficacité, 5 compressions thoraciques sur le sternum (comme un début de massage cardiaque, mais plus ciblé).
Chez l’enfant plus grand, la technique se rapproche de celle de l’adulte mais avec des pressions adaptées à la taille. L’important, pour vous parent, est de ne jamais tenter d’attraper le chewing-gum à l’aveugle au fond de la gorge avec les doigts, au risque de le pousser plus loin et d’aggraver l’obstruction.
Tapes interscapulaires, compressions thoraciques et mise en PLS : conduite à tenir en attendant le SAMU (15)
La séquence classique de désobstruction des voies aériennes supérieures repose sur une alternance de claques dans le dos (tapes interscapulaires) et de compressions thoraciques ou abdominales selon l’âge. Pendant toute la manœuvre, l’appel au SAMU (15) doit être déclenché dès que possible, idéalement par un tiers.
Si la personne devient inconsciente, il convient de la placer au sol, d’alerter ou de relancer le 15, puis de débuter un massage cardiaque externe. En présence d’une respiration conservée mais d’une perte de connaissance, la mise en position latérale de sécurité (PLS) permet de maintenir les voies aériennes dégagées en attendant l’arrivée des secours. Cette étape est souvent sous-estimée alors qu’elle évite de nombreux drames liés à l’encombrement des voies aériennes par les vomissements ou la langue.
Situations particulières : femme enceinte, personne obèse, personne seule à domicile
Chez la femme enceinte au troisième trimestre et chez la personne obèse, les compressions abdominales sont plus difficiles à réaliser et moins efficaces. Les recommandations proposent alors des compressions thoraciques au niveau du sternum, en se plaçant derrière ou sur le côté de la victime. La logique reste la même : créer une surpression pulmonaire.
Vous êtes seul et en train de vous étouffer avec un chewing-gum ? La situation est angoissante, mais une adaptation de la manœuvre de Heimlich en auto-assistance est possible. Il s’agit de placer le bas du sternum contre le dossier d’une chaise ou le bord d’une table, puis de se projeter en avant à répétition pour créer des compressions brusques. Cette technique, enseignée en PSC1, a déjà permis de sauver de nombreuses vies en milieu domestique.
Quand stopper les tentatives de désobstruction et basculer vers le massage cardiaque externe
Les tentatives de désobstruction doivent être poursuivies tant que la victime est consciente et présente des signes d’étouffement. Dès qu’elle perd connaissance, la priorité bascule vers la réanimation cardio-respiratoire. Le chewing-gum est alors considéré comme ayant provoqué un arrêt cardiaque par anoxie.
Devant une personne inconsciente qui ne respire pas ou très mal après une fausse route, le massage cardiaque externe prime sur toute autre manœuvre.
Le principe est simple : 30 compressions thoraciques au centre du thorax, suivies de 2 insufflations si la bouche est accessible et que vous êtes formé, jusqu’à la prise en charge par le SAMU. Les statistiques de survie montrent que chaque minute de retard sans massage cardiaque diminue les chances de survie de 7 à 10 %, d’où l’importance de réagir immédiatement.
Que faire si le chewing-gum est coincé sans détresse respiratoire : auto-prise en charge sécurisée à la maison
Hydratation, déglutition répétée et manœuvres de valsalva douces pour faciliter la progression œsophagienne
Lorsque le chewing-gum ne provoque pas d’étouffement mais une simple gêne en avalant, les mesures de base suffisent souvent. Boire de petites gorgées d’eau régulièrement aide à lubrifier l’œsophage et à entraîner le corps étranger vers l’estomac. Dans certains cas, une manœuvre de type Valsalva douce (inspiration profonde, bouche fermée, légère poussée comme pour se moucher) peut modifier la pression intra-thoracique et faciliter la descente du chewing-gum.
Certains patients décrivent un soulagement net après avoir simplement laissé le temps faire son œuvre, la sensation disparaissant en quelques heures. Contrairement à une légende tenace, le chewing-gum ne « colle » pas à la paroi de l’estomac : il traverse le tube digestif comme d’autres matériaux non digestibles, avant d’être éliminé dans les selles. La plupart des services d’urgences digestives confirment qu’un chewing-gum isolé, avalé par inadvertance, ne crée quasiment jamais de complications.
Aliments « bouchon » (pain, banane, yaourt) : quand ils peuvent aider et quand ils aggravent le blocage
Vous avez peut-être déjà entendu le conseil d’avaler une bouchée de pain, de banane ou de yaourt pour « pousser » l’aliment coincé. Cette technique peut, dans certains cas, aider un petit corps étranger situé haut dans l’œsophage, en agissant comme un piston. Cependant, elle comporte un risque non négligeable de bol alimentaire impacté, surtout chez les personnes présentant déjà un rétrécissement de l’œsophage (hernie hiatale, anneau de Schatzki, tumeur, etc.).
Les recommandations récentes invitent donc à la prudence : ces aliments-bouchons peuvent être envisagés chez un adulte sans antécédent digestif, bien hydraté, qui avale encore normalement ses liquides. En revanche, si vous ressentez une douleur thoracique brutale, une impossibilité à avaler même votre salive ou une hypersalivation, toute tentative d’avaler des aliments supplémentaires risque d’aggraver l’obstruction.
Signes qui imposent un avis médical rapide : douleurs thoraciques, hypersalivation, impossibilité d’avaler
Certaines situations imposent de quitter la logique d’auto-prise en charge à domicile pour consulter rapidement (SOS Médecins, maison médicale de garde, urgences hospitalières) :
- douleur vive ou pression rétrosternale persistante après l’épisode de fausse route ;
- hypersalivation avec impossibilité d’avaler les liquides, signe d’obstruction œsophagienne importante ;
- respiration bruyante, toux persistante, sifflements thoraciques apparus après l’épisode.
Ces signes suggèrent soit un blocage dans l’œsophage supérieur, soit une aspiration partielle dans l’arbre respiratoire. Dans les deux cas, un examen spécialisé (nasofibroscopie ORL ou endoscopie digestive) peut s’avérer nécessaire pour visualiser le chewing-gum et décider de son extraction.
Examens médicaux pour un chewing-gum bloqué : protocoles en service d’urgences ORL et digestives
Consultation aux urgences (CHU, clinique) : interrogatoire ciblé, examen ORL et triage selon la gravité
En service d’urgences, la prise en charge débute par un triage : mesure des constantes vitales, évaluation de la respiration, de la douleur et du niveau de conscience. L’interrogatoire explore le contexte précis : heure de l’ingestion, type de chewing-gum, symptômes immédiats (toux, étouffement, vomissements), antécédents digestifs ou ORL.
L’examen clinique recherche des signes d’obstruction des voies aériennes supérieures (stridor, tirage, difficultés respiratoires), mais aussi des signes de souffrance œsophagienne (douleur à la déglutition, blocage alimentaire). Selon les symptômes, le patient sera orienté vers une filière ORL (suspicion d’inhalation trachéale) ou digestive (suspicions de corps étranger œsophagien). Les recommandations des sociétés savantes insistent sur la nécessité d’une prise en charge endoscopique dans les 24 heures en cas de blocage avéré.
Vidéo-laryngoscopie, nasofibroscopie et examen de la cavité orale : visualisation du corps étranger
Pour un chewing-gum coincé dans le carrefour pharyngé ou au niveau du larynx, la vidéo-laryngoscopie ou la nasofibroscopie permettent une visualisation directe. Un fibroscope souple, introduit par le nez ou la bouche, explore la cavité orale, l’oropharynx, les cordes vocales et l’entrée de la trachée. La plupart des patients décrivent l’examen comme désagréable mais supportable, réalisé avec une anesthésie locale.
La particularité du chewing-gum est sa texture malléable et adhésive : il peut se coller sur la paroi et se confondre avec les sécrétions. L’expertise de l’ORL est alors précieuse pour ne pas méconnaître un fragment coincé. Dans certains cas, l’endoscopiste peut déjà tenter une extraction directe du chewing-gum à l’aide d’une pince à travers le fibroscope.
Radiographie thoracique, scanner cervico-thoracique et limites de l’imagerie pour les corps étrangers non radio-opaques
Contrairement à une pièce de monnaie ou à un os, le chewing-gum n’est pas radio-opaque. Une radiographie standard du thorax ne montre donc pas directement le corps étranger, mais peut révéler des signes indirects : atélectasie (affaissement pulmonaire), hyperclarté d’un lobe, épanchement. Le scanner cervico-thoracique offre une meilleure résolution et repère parfois le chewing-gum par contraste de densité avec les tissus environnants.
Les recommandations internationales rappellent cependant qu’un examen d’imagerie normal n’exclut pas une inhalation, surtout chez l’enfant. En cas de symptômes respiratoires persistants, la bronchoscopie garde un rôle central, même avec un scanner peu parlant. Les équipes privilégient une stratégie individualisée, en pesant le rapport bénéfice/risque de chaque examen.
Endoscopie digestive haute (gastroscopie) vs bronchoscopie : indications respectives et déroulé des examens
Lorsque le chewing-gum semble bloqué dans l’œsophage, l’endoscopie digestive haute (ou gastroscopie) est l’examen de référence. Réalisée sous sédation ou anesthésie générale, elle permet d’explorer l’œsophage, l’estomac et le duodénum. En cas de corps étranger, l’endoscopiste utilise des pinces, anses ou paniers pour le saisir et le retirer.
En cas de suspicion d’inhalation trachéale, la bronchoscopie remplace la fibroscopie digestive : même principe, mais explorant la trachée et les bronches.
Dans les centres équipés, la bronchoscopie rigide, réalisée au bloc opératoire sous anesthésie générale, est souvent privilégiée pour les corps étrangers volumineux ou adhérents comme un chewing-gum. Elle offre un meilleur contrôle des voies aériennes et une capacité d’aspiration plus puissante.
Extraction d’un chewing-gum coincé : techniques d’endoscopie, ventilation et gestion des complications
Utilisation du fibroscope souple et des pinceaux à corps étranger en endoscopie digestive
En endoscopie digestive, la texture souple et élastique du chewing-gum impose une stratégie spécifique. Les endoscopistes utilisent des pinceaux à corps étranger, des pinces multiprongs ou des anses pour englober progressivement la masse gommeuse. Parfois, le chewing-gum est fragmenté volontairement pour faciliter son extraction, en veillant à ne laisser aucun morceau adhérent à la muqueuse œsophagienne.
La protection des voies aériennes est centrale : chez les patients à risque d’inhalation secondaire (vomissements, reflux), une intubation orotrachéale préalable est souvent pratiquée. Les statistiques montrent que, dans des mains expérimentées, le taux de succès d’extraction endoscopique de corps étrangers œsophagiens dépasse 95 %, avec un taux de complication inférieur à 5 %.
Bronchoscopie rigide en bloc opératoire : anesthésie générale, intubation et surveillance post-opératoire
Pour un chewing-gum logé dans la trachée ou une bronche, la bronchoscopie rigide constitue souvent l’option la plus sûre. Sous anesthésie générale, un tube métallique rigide est introduit par la bouche jusqu’à la trachée. Il sert à la fois de voie d’accès pour les instruments (pinces, crochets, aspirateurs) et de conduit pour la ventilation.
La gomme collante est parfois difficile à saisir, tant elle adhère à la muqueuse bronchique. Les équipes combinent alors aspiration, irrigation et préhension mécanique pour la décoller progressivement. Après l’extraction, une surveillance post-opératoire de quelques heures à 24 heures vérifie l’absence de complications respiratoires : œdème, spasme bronchique, saignement, atélectasie persistante.
Traitement des lésions de la muqueuse (érythème, ulcérations, micro-perforations) après retrait du chewing-gum
Le chewing-gum, par sa consistance et sa durée de contact, peut provoquer une œsophagite de contact ou une irritation de la muqueuse laryngée et bronchique. Après extraction, l’endoscopiste décrit souvent des zones d’érythème, de petites ulcérations superficielles voire, plus rarement, des micro-perforations. Ces lésions guérissent habituellement sous traitement médical :
- inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) pour diminuer l’acidité gastrique et favoriser la cicatrisation œsophagienne ;
- aérosols corticoïdes ou bronchodilatateurs en cas d’inflammation bronchique importante ;
- antibiothérapie si une pneumopathie d’inhalation est suspectée.
Une consultation de contrôle, quelques semaines plus tard, permet parfois de vérifier la guérison complète par endoscopie, en particulier chez les sujets fragiles ou en cas de symptômes persistants.
Risques à moyen et long terme d’un chewing-gum avalé ou coincé : complications digestives et respiratoires
Stase œsophagienne, œsophagite de contact et risque de perforation chez les sujets fragiles
Chez l’adulte en bonne santé, un chewing-gum avalé ponctuellement ne provoque quasiment jamais de complication. Le problème se pose surtout chez les sujets fragiles : personnes âgées avec troubles de déglutition, patients porteurs de sténose œsophagienne, antécédents de chirurgie digestive. Dans ces contextes, la stase œsophagienne prolongée d’un corps étranger peut conduire à :
Une œsophagite de contact, se manifestant par des brûlures rétrosternales et des douleurs à la déglutition. À plus long terme, un corps étranger appuyé sur la paroi augmente le risque de nécrose locale et de perforation. Les études estiment que ce risque devient significatif au-delà de 24 heures de blocage complet, ce qui justifie les recommandations d’extraction endoscopique rapide.
Broncho-aspiration, pneumopathie d’inhalation et atélectasie segmentaire : mécanismes physiopathologiques
Sur le plan respiratoire, l’aspiration de fragments de chewing-gum peut provoquer une pneumopathie d’inhalation. Les particules bloquent une bronche segmentaire ou lobaire, ce qui entraîne une atélectasie du territoire en aval, puis une infection secondaire par les bactéries de la flore oropharyngée. Les symptômes apparaissent parfois à distance de l’épisode initial : toux persistante, fièvre, douleur thoracique, essoufflement.
Une pneumopathie d’inhalation mal traitée peut laisser des séquelles respiratoires durables, en particulier chez l’enfant ou le sujet âgé.
La prise en charge associe le plus souvent antibiothérapie, kinésithérapie respiratoire et, si nécessaire, bronchoscopie de nettoyage. Des études pédiatriques montrent que la plupart des enfants récupèrent une fonction pulmonaire normale à distance, à condition que le corps étranger soit retiré rapidement.
Cas rares de bézoards de chewing-gum et occlusions intestinales décrits dans la littérature pédiatrique
Les véritables complications digestives d’un chewing-gum avalé concernent quasi exclusivement l’enfant qui en avale de manière répétée, parfois plusieurs dizaines en quelques jours. Des cas de bézoards de chewing-gum – amas compacts de gommes agglutinées – ont été décrits, responsables d’occlusions intestinales nécessitant une chirurgie. Ces situations restent extrêmement rares, mais elles existent.
Les pédiatres recommandent donc d’éviter de laisser un enfant avaler régulièrement des chewing-gums, surtout en grande quantité. Un signe d’alerte dans ce contexte : l’association de douleurs abdominales, vomissements, absence de gaz et de selles. Le diagnostic se fait alors par imagerie (radiographie, scanner), et le traitement peut aller de la simple surveillance à l’extraction endoscopique, voire à la chirurgie en cas d’occlusion franche.
Chewing-gum et enfants : prévention des fausses routes à la maison, à l’école et en crèche
Âge recommandé pour donner du chewing-gum (avis pédiatres, haute autorité de santé) et critères de maturité
La plupart des pédiatres déconseillent le chewing-gum avant l’âge de 4 à 5 ans. Avant cet âge, la coordination déglutition–respiration n’est pas totalement mature et l’enfant a tendance à avaler systématiquement ce qu’il met en bouche. Le risque de fausse route avec blocage des voies aériennes supérieures est alors plus élevé.
Au-delà de l’âge chronologique, les critères de maturité comptent tout autant : capacité à suivre une consigne (ne pas avaler, ne pas courir en mâchant), absence de troubles de déglutition connus, comportement calme à table. Un enfant très agité, qui parle en permanence la bouche pleine, reste plus à risque de chewing-gum coincé dans la gorge, même à 7 ou 8 ans.
Règles de sécurité : posture assise, interdiction de courir ou parler la bouche pleine, surveillance adulte
La prévention des fausses routes liées au chewing-gum repose sur quelques règles simples à mettre en place à la maison :
- mâcher uniquement en position assise ou au calme, jamais en courant ou en jouant brusquement ;
- éviter de parler ou de rire à gorge déployée en mâchant, moments propices à la fausse route ;
- garder une surveillance adulte, au moins discrète, chez les plus petits ou les enfants à risque.
Ces règles valent aussi pour les autres aliments ronds ou collants (bonbons durs, cacahuètes, raisins). De nombreux accidents domestiques d’étouffement surviennent en dehors des repas, lors de jeux, de goûters improvisés ou de moments de distraction, d’où l’intérêt d’instaurer des habitudes constantes.
Rôle des enseignants et ATSEM : protocoles d’urgence en milieu scolaire et formation aux gestes qui sauvent
À l’école et en crèche, la question du chewing-gum se pose différemment, car de nombreux règlements intérieurs en interdisent tout simplement la consommation. Néanmoins, des situations de fausse route avec d’autres aliments restent possibles. La formation des enseignants, ATSEM et personnels périscolaires aux gestes qui sauvent devient alors cruciale.
Les protocoles d’urgence en milieu scolaire prévoient généralement une conduite à tenir standardisée : alerte des secours, manœuvres de désobstruction adaptées à l’âge, information des parents. Les récentes campagnes nationales encouragent fortement les établissements à organiser des sessions de sensibilisation PSC1 pour les adultes, mais aussi des modules simplifiés pour les élèves à partir du collège, afin que chacun sache comment réagir devant un camarade qui s’étouffe.
Choix du chewing-gum et comportement à adopter pour limiter les risques de blocage dans la gorge
Taille, texture et élasticité : différences entre chewing-gums classiques, dragéifiés (type hollywood, freedent) et bubble-gum
Le risque de chewing-gum coincé dans la gorge dépend aussi du type de produit. Les chewing-gums dragéifiés, de petite taille, sont plus facilement avalés en entier, surtout chez l’enfant. Les bubble-gum, plus volumineux et très élastiques, peuvent former des masses collantes difficiles à déloger en cas de fausse route.
Pour limiter les risques, le choix d’un chewing-gum de taille modérée, non trop dur et pas trop volumineux à la mise en bouche est préférable. Certains fabricants précisent d’ailleurs sur l’emballage des recommandations d’âge ou des mises en garde, souvent négligées. Un comportement responsable consiste à adapter le type de chewing-gum à l’âge et au profil de la personne qui va le consommer.
Mastication consciente, rythme de déglutition et association avec boissons pour une meilleure lubrification
Au-delà du produit, votre manière de mâcher joue un rôle central. Une mastication consciente, régulière, sans gestes brusques, réduit nettement le risque de fausse route. Boire un peu d’eau avant et pendant la mastication améliore la lubrification et facilite le glissement de la salive chargée de particules microscopiques de gomme vers l’œsophage.
Un rythme de déglutition régulier, toutes les 30 à 60 secondes, évite l’accumulation excessive de salive moussante, parfois projetée vers la trachée en cas de rire ou de quinte de toux. En pratique, prendre l’habitude d’arrêter de mâcher lorsque vous parlez ou que vous riez limite aussi la probabilité qu’un morceau de chewing-gum parte brutalement « dans le mauvais tuyau ».
Lecture des recommandations fabricants et conseils de l’UFSBD (union française pour la santé Bucco-Dentaire)
Les fabricants de chewing-gum ne se contentent pas de promouvoir la fraîcheur de l’haleine : les notices et emballages comportent souvent des conseils de sécurité, notamment sur l’âge minimal et la non-déglutition. La présence de polyols (xylitol, sorbitol) est également mentionnée, avec un avertissement sur les risques digestifs en cas de consommation excessive.
L’UFSBD rappelle d’ailleurs que le chewing-gum sans sucre, pris à bon escient après les repas, peut participer à la prévention des caries en stimulant la salivation. L’enjeu, pour vous, est donc de trouver un équilibre entre les bénéfices bucco-dentaires et la maîtrise du risque de fausse route. Une consommation raisonnable, adaptée à l’âge, respectant les règles simples de sécurité évoquées tout au long de ce guide, permet de profiter du chewing-gum sans transformer une habitude banale en situation d’urgence.